Nous sommes dans la deuxième semaine du trimestre. Il manque toujours trois factures d’achat et un extrait de compte dans le dossier d’un client, et le rappel envoyé la semaine dernière est resté sans réponse. Deux autres clients ont envoyé par e-mail des questions auxquelles le cabinet avait déjà répondu au printemps, un collègue est malade alors que plusieurs dossiers sont à moitié traités, et la prochaine échéance TVA figure déjà dans l’agenda. Rien de tout cela n’est de la comptabilité au sens strict. Ce sont les relances, le tri, les explications et les transmissions qui l’entourent, et dans de nombreux cabinets, cela absorbe les heures qui devraient être consacrées à l’analyse des chiffres et au conseil aux clients. C’est précisément pour cette partie du travail que les comptables et les experts-comptables se tournent aujourd’hui vers l’IA.
Des études menées en Belgique et à l’étranger montrent jusqu’où ce mouvement est déjà allé. En Belgique, une enquête menée auprès de 345 PME belges, commandée par l’éditeur de logiciels comptables Horus Software, révèle qu’un tiers d’entre elles utilisent déjà l’IA dans leur comptabilité, pour des tâches allant de la reconnaissance de factures et la détection de fraude à la reformulation d’e-mails et l’envoi de rappels de paiement. Les professionnels eux-mêmes y voient une opportunité. Dans le Baromètre ITAA 2025, complété par 1 500 experts-comptables et conseillers fiscaux belges, 71 % voient l’IA comme un levier pour un conseil sur mesure, et 80 % estiment que leur rôle est d’accompagner leurs clients dans leur digitalisation. Une étude de terrain menée par des chercheurs de Stanford et du MIT a combiné une enquête auprès de 277 comptables avec les données de 79 petites et moyennes entreprises utilisant un logiciel comptable assisté par l’IA. Les comptables utilisant l’IA ont déplacé environ 8,5 % de leur temps de la saisie de données vers la communication et le contrôle qualité, et les entreprises ont clôturé leur comptabilité mensuelle 7,5 jours plus vite. Les utilisateurs de l’IA géraient en outre, en moyenne, 55 % de clients en plus par semaine.
Il y a un ou deux ans, si vous demandiez à un comptable comment il utilisait l’IA, il vous aurait sans doute parlé d’une fenêtre de chat : une question sur une règle de TVA, un brouillon d’e-mail ou le résumé d’un long document. C’est encore courant, mais de plus en plus de cabinets, des petites fiduciaires aux grands cabinets d’expertise comptable en passant par les services financiers internes, sont allés plus loin. Ils configurent des assistants pour une tâche précise, leur donnent leurs propres instructions et sources, les connectent à la boîte mail ou aux fichiers, et les laissent préparer un travail qu’une personne vérifie ensuite.
Cet article montre à quoi cela ressemble en pratique. À la fin, nous expliquons comment fonctionne un agent IA dans IttesAI.
Qu’est-ce qu’un agent IA ?
Un agent ressemble à une fenêtre de chat, mais vous le configurez une seule fois, pour un ensemble de tâches défini. Il dispose de ses propres instructions, par exemple la manière de formuler une demande de documents ou ce que doit contenir une synthèse client. Il dispose de ses propres documents de référence, comme des procédures et un bon exemple de dossier finalisé. Et il est connecté aux systèmes dans lesquels l’équipe travaille déjà, comme la messagerie, le CRM ou le stockage cloud. Il peut alors récupérer des informations dans ces systèmes, modifier des données, enregistrer des fichiers et envoyer des messages. (Toujours avec votre accord préalable.)
Où les cabinets utilisent déjà des agents IA
Rassembler les documents et savoir ce qui manque
Une grande partie du temps en comptabilité est consacrée à rassembler ce qu’il faut avant même de pouvoir commencer le vrai travail : le ticket de caisse jamais reçu, le paiement sans facture, le client à qui il faut demander deux fois le même extrait de compte. C’est par là que beaucoup de cabinets ont déjà commencé. Certains font désormais rattacher automatiquement les e-mails entrants au bon dossier client, ce qui supprime une étape autrefois réalisée à la main. L’étape suivante est un agent qui compare ce qui est arrivé avec ce qui est normalement attendu pour ce client, comme les documents du trimestre précédent, les fournisseurs habituels et les paiements bancaires sans facture correspondante. Il dresse ensuite la liste des pièces manquantes et rédige la demande au client. Le comptable vérifie la liste et décide quoi demander, et quand.
Contrôler les chiffres et détecter les erreurs
Un expert-comptable qui prépare les chiffres du bilan pour une prochaine réunion remarque des soldes négatifs là où il ne devrait pas y en avoir. Il crée un agent simple et le limite à une poignée de sources fiables : les directives officielles en matière fiscale et de reporting, ainsi que la documentation de son logiciel comptable. Il partage ensuite avec l’agent son bilan, sa balance générale et son plan comptable. L’agent trouve la cause : des opérations qui auraient dû être enregistrées en produits à reporter avaient été comptabilisées en produits acquis. Il explique ensuite comment corriger les écritures.
Répondre aux clients et assurer le suivi
Les questions des clients arrivent toute l’année, par e-mail, par téléphone et souvent au moment le plus chargé. Beaucoup sont des variantes de questions auxquelles le cabinet a déjà répondu : quels frais sont déductibles, quand la prochaine déclaration TVA doit être introduite, pourquoi un rappel de paiement est arrivé, quels documents manquent encore. Chacune demande du temps pour rechercher la réponse et la rédiger, et la réponse peut varier selon le collègue qui s’en charge.
C’est par là que beaucoup de cabinets comptables commencent avec l’IA. Un agent connecté à la boîte mail du cabinet lit la question entrante, consulte le dossier du client et les procédures internes du cabinet, et rédige une réponse dans le ton et la structure habituels du cabinet. Le comptable lit le brouillon, l’ajuste si nécessaire et l’envoie. Les questions qui demandent une appréciation professionnelle sont signalées plutôt que traitées : l’agent prépare, le comptable décide.
La même approche fonctionne pour le suivi. Lorsqu’un client a payé mais que le paiement n’a pas été lettré, les rappels continuent de partir et le client s’agace. Un agent peut comparer le message du client avec les données de paiement, identifier ce qui s’est passé et rédiger une réponse ainsi qu’une correction que l’équipe valide. Un litige qui circulerait normalement pendant des jours entre plusieurs collègues peut ainsi être réglé en un seul échange.
Reporting mensuel et analyse
Un agent IA peut récupérer les notes de frais du mois dans des espaces de stockage comme SharePoint, les consolider et confronter chaque poste de coûts au budget. Il peut ensuite signaler les chiffres qui sortent du lot, produire des graphiques qui résument le mois et envoyer les résultats au responsable financier.
Ce travail peut être réparti entre plusieurs agents faciles à créer, chacun avec sa propre tâche :
- un agent récupère les rapports ;
- un autre nettoie et regroupe les données ;
- un autre compare les chiffres au budget et recherche les écarts ;
- un autre transforme les résultats en graphiques ou en tableau de bord ;
- un dernier envoie le rapport aux bonnes personnes via le canal habituel de l’équipe.
Des cabinets qui créent leurs propres outils
Le changement le plus marquant concerne peut-être ceux qui construisent ces outils. De petits cabinets, comptant chacun moins de dix personnes, créent eux-mêmes des outils avec des assistants IA généralistes :
- Un formulaire web qui pose les bonnes questions aux clients potentiels avant le premier appel, après quoi le taux de conversion du cabinet a augmenté d’environ un quart.
- Un circuit d’approbation dans lequel une facture envoyée à une adresse e-mail dédiée déclenche une demande d’approbation électronique. Une fois approuvée, la facture est comptabilisée avec l’approbation signée en pièce jointe, qui sert de piste d’audit.
- Un prototype fonctionnel d’un nouveau processus d’onboarding, créé en quelques heures par un responsable fiscal sans formation technique.
La plupart des cabinets ont peu de temps à consacrer à cela en plein trimestre. C’est pourquoi les agents prêts à l’emploi, configurables sans connaissances techniques, deviennent de plus en plus la voie privilégiée.
Créer un agent avec IttesAI
Un agent IttesAI fonctionne à travers les outils que votre équipe utilise déjà : votre boîte mail, votre CRM et vos fichiers. Vous le configurez une seule fois, pour une tâche, à partir d’un modèle et en décrivant ce dont vous avez besoin en langage courant. Pour faire son travail, il a besoin de trois choses :
- Instructions : la façon dont votre cabinet formule une demande de documents, ce que doit contenir une synthèse de dossier, et où s’arrête la préparation et où commence l’appréciation propre de l’expert-comptable.
- Contexte : vos procédures, vos modèles et un bon exemple de dossier finalisé.
- Connexions aux outils que vous utilisez déjà, comme Outlook, Gmail, Salesforce et bien d’autres.
Grâce à ces connexions, il peut rechercher des informations, rédiger des e-mails et mettre à jour des données. Chacune de ces actions vous est d’abord présentée sous forme de brouillon, et rien n’est envoyé ni modifié tant que vous n’avez pas confirmé.
La configuration d’un premier agent prend environ dix minutes. Trois agents que les équipes comptables peuvent créer dès maintenant :
- Un agent de réception des dossiers. Donnez-lui les e-mails et pièces jointes d’un client pour le trimestre, et il vous renvoie une vue d’ensemble : ce qui est arrivé, ce qui manque et ce qui demande une attention prioritaire.
- Un agent de demande de documents. Connecté à votre boîte mail, il rédige le rappel pour les documents manquants, explique pourquoi chacun est nécessaire, et l’envoie une fois que vous l’avez lu.
- Un agent de questions clients. Il répond aux questions récurrentes des clients ou des collègues selon la structure habituelle de votre cabinet, à partir de vos propres procédures, et signale les questions qui nécessitent l’avis d’un expert-comptable.
Vous souhaitez voir à quoi ressemblerait un agent IA dans votre cabinet ou votre service financier ? Expliquez-nous comment vos dossiers se déroulent réellement, et nous vous dirons où un agent ferait la différence.




